Présidentielle en Roumanie : nouvelle exclusion d’une candidate d’extrême droite… La démocratie a-t-elle encore un sens en Europe ?

Démocratie, tu nous entends ? Tu es encore là ? Ou bien es-tu devenue une illusion, un concept qu’on brandit quand ça nous arrange avant de le tordre dans tous les sens ? La Roumanie nous offre un nouvel épisode digne d’une série politique dystopique : après Calin Georgescu, c’est Diana Sosoaca qui vient d’être exclue de la course à la présidentielle. Pas d’explication, pas de justification détaillée, juste une décision brutale de la commission électorale. Et si ce qui se joue là-bas nous concernait tous en Europe ?

Quand l’extrême droite disparaît… par décret

Diana Sosoaca, eurodéputée d’extrême droite, avait tout prévu pour marquer les esprits : elle s’est présentée devant le Bureau électoral central, gants de boxe aux mains, prête à « combattre le système ». Mais pas besoin de débat, pas besoin d’affrontement dans les urnes, le combat a été stoppé avant même de commencer. Verdict : candidature refusée, merci, au revoir.

Sa faute ? Officiellement, aucune explication n’a été donnée. Officieusement, son profil sulfureux dérange : positions pro-Kremlin, accusations d’antisémitisme, opposition aux mesures anti-Covid, perturbation des débats au Parlement européen… Le tout dans un pays où l’extrême droite fait peur, surtout après l’annulation surprise du scrutin de novembre dernier à cause d’une supposée « ingérence russe ».

La démocratie, c’est laisser le peuple décider… non ?

Une élection libre, c’est quand chacun peut se présenter et les citoyens tranchent dans l’isoloir. Mais en Roumanie, l’extrême droite est mise hors-jeu par la seule volonté d’une commission. Et ce n’est pas un cas isolé : les décisions arbitraires s’accumulent en Europe sous prétexte de « valeurs démocratiques ».

Faut-il rappeler que des élus démocratiquement choisis en Hongrie ou en Pologne ont été accusés de « menaces pour la démocratie » et se sont vus couper des fonds européens ? Que des figures politiques conservatrices ou populistes se font censurer sur les réseaux sociaux au nom de la lutte contre la « désinformation » ?

Aujourd’hui, en Roumanie, on écarte deux candidats sous prétexte qu’ils pourraient poser problème. Mais qui décide de ce qui est un problème ou pas ?

Europe : démocratie à géométrie variable

Si l’extrême droite doit être combattue, ce n’est pas en la supprimant des bulletins de vote, mais en la battant dans les urnes. Car en éliminant des candidats sans explication, on ne protège pas la démocratie, on la discrédite. Ce qui se passe en Roumanie aujourd’hui pourrait arriver ailleurs demain : un gouvernement qui décide qui a le droit de se présenter et qui doit être éliminé « pour le bien commun ».

Alors, une question s’impose : si l’on commence à dire que certains courants politiques ne doivent plus exister parce qu’ils sont « dangereux », jusqu’où ira-t-on ? Et surtout, qui décidera de ce qui est « acceptable » ou non ? Une chose est sûre : quand on commence à faire taire une partie du spectre politique par des décisions administratives, la démocratie est en train de se saborder toute seule.

L’Europe prétend défendre la liberté et les valeurs démocratiques, mais à force d’exclusions et de censures préventives, elle pourrait bien devenir ce qu’elle dit combattre : un système où la pluralité d’opinions n’est plus qu’un lointain souvenir.

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